Au gré des flots
Je cueille tes propos en plein vol,
pour qu’ils n’atteignent jamais le sol,
comme en automne, les feuilles mortes,
sont lâchées par l’air qui les porte ;
...
Non je ne veux même pas qu’elles jaunisses,
tes paroles qui se faisaient, pour moi, délices,
il n’y a pas si longtemps, juste quelques jours,
elles étaient empreintes d’égards et d’amours ;
...
Je t’ai lue et relue,
jusqu’à avoir la berlue,
sans que je comprenne pourquoi,
tu tires à boulets rouges sur moi ;
...
Tu interprètes mes propos faussement,
tu portes sur moi, mauvais regards et jugements,
à croire que j’ai commis le crime du siècle,
où que je cache des horreurs sous un couvercle ;
...
Tu te trompes sur mon compte, inquisitrice,
toi qui te disais précieuse et non factice,
mon cœur brisé essaie de croire dur comme fer,
que l’amour et la paix régneront sur l’univers ;
...
C’est pourquoi je croirai toujours à la brillance,
du diamant dans sa magnificence,
en laissant passer ces très lourds nuages,
qui ternissent ta vision sous leur ombrage ;
...
Qu’ai-je donc fait de si mal,
pour mériter un tel lynchage verbal ?
ne te contentant point d’un divorce par toi décidé,
tu veux me faire, par d’autres » lapider ;
...
Si toi tu gardes l’éclat de la pierre que tu es,
moi je reste le « pot » au moule de chacun fait,
je suis bien contenant,
de matières nobles et d’excréments ;
...
Je ne me dis jamais parfait ou pur,
le génie que tu m’attribues et surfait, pour sur,
je ne mérite pas plus que tes envolées rageuses,
envoyées à ma figure, en salves venimeuses ;
...
Je mets ça sur le compte d’un malentendu,
ou à un hameçon, auquel nous avons mordu,
émeraude d’entre les pierres se distingue par sa transparence,
et donne à qui la porte, de la fierté et de la prestance ;
...
une telle est et reste une femme superbe,
que je magnifie par le sentiment et le verbe,
sans que cela soit une déclaration d’amour,
ou un désir de lui mettre mes mains autour ;
...
Il y a des attachements comme ça, très forts,
que l’on soupçonne d’amours charnels, à tort,
j’aime bien des personnes ici, qui elles ne m’aiment pas,
mais c’est là l’une des lois de la nature, comme je le crois.
...
On n’a aucun droit sur moi pour me dire,
qui je dois aimer qui je dois honnir,
je suis encore et toujours célibataire,
donc pas coupable d’adultère ;
...
Quand les yeux se posent sur quelque chose qui les attire,
il s’écarquillent admiratifs sans avertir,
est-ce pour autant un crime ou une trahison,
contre nos principes et notre raison ?
...
Après cette mise de points sur les « i »,
j’avoue que je n’ai encore rien compris,
à tant de véhémence et d’écarts de langage,
alors que je te croyais correcte et sage ;
...
pour toi mon cœur est écrin,
même sans dorure, il reste serein,
vis-à-vis de toi je ne prends pas de recul,
je m’abstiens de monter des plans et faire des calculs ;
...
Je te parle ouvertement sincère,
mon but n’est pas de conquérir ou de plaire,
le monde se remplit d’hypocrites et de cupides,
moi je sacrifierai à l’amour, jusqu’à mes poches vides.
...
Qu’y a-t-il de plus précieux,
entre nos mains et à nos yeux,
que cette douce et agréable chaleur,
qu’attise un tendre mot ou une simple fleur ?
...
Je lèverai volontiers le voile sur ton visage,
je m’interdirai tous verbiages,
pour te rosir les joues,
en te noyant de baisers jusqu’au cou ;
...
Mais je doute fort que tu me permettes,
de me faire plaisir en payant ma dette,
ne sens-tu donc pas comme moi ces gouttelettes,
de doux sentiments qui inondent ta tête ?
...
Laisses les se faire torrents et fleuves,
qui vers des océans se meuvent,
à travers, monts, vallées et plaines,
comme des eaux tumultueuses ou « amènes ».